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TEXTE TATOUAGE :
Le tatouage a été pratiqué dans toutes les régions du monde et à toutes les époques. L’origine du mot vient de Polynésie : le tatau y est une pratique ancestrale très importante qui pourrait remonter à – 1 300 ans avant JC.
Un rite durant lequel on coloriait sa peau lors des étapes importantes de la vie en utilisant des dents de requin et des os taillés.

Le tatouage est interdit en Europe, en 787, par l’Eglise, car jugé comme un symbole païen. Dans l’Ancien Testament (Lévitique 19:28), on peut lire :
« Vous ne ferez point d’incision dans votre chair pour un mort, et vous n’imprimerez point de figures sur vous. Je suis l’Eternel. »
Le tatouage réapparaîtra cependant au XVIIIe siècle, après que des marins européens de retour de Polynésie s’approprient la pratique.
Le mot vient du tahitien tatau, qui signifie « marquer, dessiner ou frapper » et dérive de l'expression Ta-atuas. La racine du mot ta signifie « dessin » et atua signifie « esprit, dieu ». Le docteur Berchon, traducteur du deuxième voyage de Cook vers Tahiti en 1772, employa pour la première fois le mot tattoo ; le mot sera francisé en « tatouage» à la fin des années 1700.
e tatouage est une pratique attestée en Eurasie depuis le Néolithique. Ötzi, l'homme des glaces découvert gelé dans les Alpes italo-autrichiennes et vieux d'environ 5 300 ans, arbore des tatouages possiblement thérapeutiques4,5 (61 marques composées de lignes parallèles et croisées réparties sur les jambes, le dos, le torse et le poignet.)
Alors qu'en Thaïlande on appelle le mantra ou incantation, katha, et le yantra, yan ou yant, au Cambodge on les nomme respectivement gatha et yon. Dans la tradition tantrique, le fait de porter, dessiner ou se concentrer sur un yant est censé apporter des bienfaits spirituels et magiques. Ces dessins matérialisent le syncrétisme religieux des pays de doctrine Theravāda, car ils intègrent non seulement les croyances hindouistes et bouddhistes, mais aussi les traditions magico-animistes de cette région. Dans ces pays, ces tatouages sont considérés comme ayant la capacité de déverrouiller certains pouvoirs invisibles. La croyance veut que l'on puisse bénéficier du pouvoir des lettres contenues dans les écritures en les plaçant dans des amulettes ou tatouages40.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Tatouage
https://gingkoart.wordpress.com/2012/04/26/le-tatouage-une-pratique-ancestrale/
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LA PEAU TEXTE :
https://www.facebook.com/AdrienMClaireB/videos/just-your-shadow/758526592137935/
la peau :
La peau est un seuil, à la fois instance d’ouverture ou de fermeture au monde selon la volonté de l’individu. Frontière symbolique entre le dehors et le dedans, l’extérieur et l’intérieur, l’autre et soi, elle est une sorte d’entre-deux, elle fixe une limite mouvante de la relation de l’individu au monde. Surface de projection et d’introjection du sens, elle incarne l’intériorité, elle est le chemin qui mène à la profondeur de soi. Elle est un sismographe du sentiment d’identité, elle traduit des « états d’âme ». En ce qu’elle cristallise quelque chose du lien social, elle est aussi un lieu où résoudre les tensions, défaire des crispations. Le rapport au monde de tout homme est une question de peau et de solidité de la fonction contenante. Instance frontière qui protège des agressions extérieures ou des tensions intimes, elle donne à l’individu le ressenti des limites de sens qui l’autorisent à se sentir porté par son existence et non en proie au chaos ou à la vulnérabilité. Par excellence, la peau est un objet transitionnel.
Texte important :
https://shs.cairn.info/revue-francaise-de-psychosomatique-2010-2-page-85?lang=fr
se reconstruire avec la peau
SITES A REVOIR :
https://www.brown.edu/Research/Equinoxes/journal/Issue%204/eqx4_Guillot.htm
expériences multiples menées sur l'organique et l'artificiel.
la question du corps et de ses mutations possibles.
« une nouvelle peau »
altérité ou métamorphose de soi
-> LANGUAGE DE LA PEAU (Irène Salas):
Kouhei Nakama – Design & Motion
- https://una-editions.fr/le-langage-est-une-peau/
"Notre enveloppe corporelle est plus qu’un support, elle est elle-même langage. Si tout le corps est signifiant, la peau est hyper-signifiante : sur elle peut se lire l’histoire d’un individu, mais aussi se mirer son âme, comme l’assurent notamment les théories physiognomoniques et pathognomoniques de l’époque. Chargée de signes annonciateurs, elle s’offre aux pratiques divinatoires, comme dans la chiromancie et la métoposcopie de Girolamo Cardano (fig. 6). Dans la vie sociale, elle traduit les sentiments, les situations vécues ou les états psychologiques ; et lorsqu’elle se charge d’une seconde peau vestimentaire, elle contribue puissamment à la construction de l’être et du paraître. Chez les écrivains et les poètes, enfin, elle est porteuse d’un langage symbolique extraordinairement varié : dans les Tragiques d’Agrippa d’Aubigné (1616), pour ne prendre que cet exemple, l’image d’une peau répugnante – celle des galeux, des vérolés ou des pestiférés – signifie la corruption de l’Église romaine, dont les dévots sont par l’auteur assimilé au Démon.
La peau est donc un parchemin vivant, un “tissu-texte” offert à la lecture ; et réciproquement, les ouvrages sont reliés en peau animale. Bien qu’à la Renaissance le papier de chiffon se diffuse au détriment du parchemin (ou vélin), jugé trop coûteux et fragile, et l’éclipse, d’abord en Italie puis dans toute l’Europe, avec l’apparition de l’imprimerie et les progrès de l’industrie papetière, il n’en reste pas moins que dans l’imaginaire, l’idée demeure que l’encre coule sur une surface épidermique. Si le précieux matériau se raréfie au quotidien, son épaisseur et sa sensualité lui valent de rester vivace dans l’imagination des poètes, probablement aussi parce qu’il permet d’établir un lien plus étroit entre la matérialité du support et la corporéité du signifiant : le langage peut s’enraciner métaphoriquement dans la chair."
Lectures tactiles : se frotter à la peau des mots
"Ce commerce, et cet autre lien particulier entre la langue et la peau, peuvent se faire proprement érotiques. Phénomène que Roland Barthes a finement décrit, dans l’un de ses Fragments d’un discours amoureux :
“Le langage est une peau : je frotte mon langage contre l’autre. C’est comme si j’avais des mots en guise de doigts, ou des doigts au bout de mes mots. Mon langage tremble de désir. L’émoi vient d’un double contact : d’une part toute une activité de discours vient relever discrètement, indirectement, un signifié unique, qui est ‘je te désire’, et le libère, l’alimente, le ramifie, le fait exploser (le langage jouit de se toucher lui-même) ; d’autre part, j’enroule l’autre dans mes mots, je le caresse, je le frôle, j’entretiens ce frôlage, je me dépense à faire durer le commentaire auquel je soumets la relation46.”
Aussi la peau, plus encore qu’à un vêtement, est-elle assimilée à un espace d’inscription. Tout se lit et s’interprète, le corps se fait lisible ; tout phénomène naturel est le signe d’une réalité spirituelle transcendante. La surface du corps devient une trame à déchiffrer. Et les “chiffres” sont nombreux : certains inscrits par la nature dès la naissance, telles les maculae maternae (dont les Renaissants ont produit de nombreux et parfois étranges recensements) ; d’autres imposés par la société, telles les marques corporelles ornementales ou infamantes ; plus nombreuses encore sont les marques infligées par les aléas de la vie – vieillesse, guerres, accidents de toute sorte ; sans oublier la diversité des carnations qui, en vertu de la théorie humorale, donne de précieuses informations sur la santé du sujet. D’autres traces encore sont attribuées à des interventions surnaturelles, tels les stigmates divins ou les marques du Diable, que l’Inquisition s’est acharnée à repérer sur le corps de sorcières. Autant de signa qui font de la peau une sorte de livre ouvert, offert à la lecture, et qui fascinent le regardeur profane."