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Helia Park December 2nd at 3:20pm


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Observer Effect

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En me plongeant dans la physique quantique, la première idée qui m’est venue, c’est que le monde n’existe pas de manière définie avant que nous le regardions. En découvrant l’effet d’observateur, j’ai compris que la réalité n’est pas une structure fixe, mais un espace de potentialités qui ne se matérialise qu’au moment où la conscience s’y pose.

La ville, dans notre quotidien, semble être une architecture complète et stable. Mais la ville que je voulais créer dans ce projet fonctionne autrement : elle ne devient visible, tangible, réelle, que lorsque la conscience — ici la caméra — s’en approche.

De loin, les bâtiments restent flous, presque inexistants. Plus la conscience s’en rapproche, plus ils acquièrent une forme nette. Et dès que le regard s’éloigne, ils se dissolvent de nouveau, comme si la ville retournait à un état d’onde ou de possibilité.

61BAEzTEGmL._SY522_ Plusieurs références ont nourri cette idée et l’ont rendue évidente pour moi. Par exemple, Neville Goddard, avec Imagination Creates Reality, pose que l’imagination n’est pas une fiction mais une véritable force de création. Sa pensée — “la réalité est la manifestation d’une possibilité choisie par la conscience” — a donné l’ossature philosophique de mon projet.

unfold L’œuvre unfold de Ryoichi Kurokawa a aussi joué un rôle important. Sa manière de montrer la formation de l’univers à travers des données, des ondes, des structures qui émergent puis disparaissent, m’a inspiré l’idée d’une ville oscillant entre l’existence et la non-existence. Cette dynamique — apparition, disparition, ré-apparition — se retrouve directement dans mon système de bâtiments qui se matérialisent uniquement sous le regard.

546680 Le film Interstellar a renforcé cette vision. Il montre que le temps, la gravité, les dimensions et même la conscience façonnent la réalité d’une manière non linéaire. Les scènes autour du trou noir ou de la bibliothèque à cinq dimensions m’ont fait percevoir la réalité non comme un espace physique stable, mais comme quelque chose qui dépend profondément de la perception.

613ypTLZHsL._AC_UF1000,1000_QL80_ The Matrix, lui, m’a rappelé que la “réalité” n’est peut-être qu’une structure informationnelle, une simulation qui ne devient réelle que lorsqu’on y croit et qu’on la perçoit. Cette idée est intimement liée au cœur de mon projet : la ville ne se charge que lorsque la conscience la regarde.

ghost_city02 Enfin, 〈Ghost City〉 de Hugo Arcier a été pour moi une référence visuelle importante. L’atmosphère qu’il crée — une ville partiellement dématérialisée, suggérée par des éclats de lumière, des silhouettes et des fragments — m’a montré qu’une architecture n’a pas besoin d’exister de manière solide pour être perçue.

Cette esthétique, où les formes apparaissent, disparaissent et flottent entre présence et absence, m’a inspirée à construire dans mon projet une ville blanche, fragile, jamais totalement matérialisée, dont la visibilité dépend du regard et de la lumière.

Toutes ces références, malgré leurs formes différentes, se rejoignent autour d’une idée commune :

la réalité n’est pas donnée, elle est créée. Elle se forme au moment précis où la conscience l’observe.

C’est autour de cette conviction que s’articule mon projet Observer Effect.

buddha_20-2-1 Observed, Observing, Observer est une installation vidéo où une image est recréée chaque jour et se déforme peu à peu à cause de l’observation. Cette œuvre montre que l’observation ne copie jamais exactement l’objet : à chaque répétition, l’image change et finit par disparaître. Cela correspond à mon projet : la ville n’apparaît clairement que quand on l’observe, et quand l’observation cesse, elle retourne à un état incertain et instable.

Dark city https://youtu.be/i1UDqkrrmH4 00:58 01:01 01:10

[En cours de réalisation] %E1%84%89%E1%85%B3%E1%84%8F%E1%85%B3%E1%84%85%E1%85%B5%E1%86%AB%E1%84%89%E1%85%A3%E1%86%BA%202025-11-13%2014.33.21

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Si j’ai choisi de travailler avec une ville, ce n’est pas par hasard. La ville paraît, dans notre quotidien, être une structure matérielle, stable et achevée. Mais pour moi, elle est avant tout une construction de conscience, un espace façonné par nos perceptions, nos choix, nos désirs, et tout ce que nous projetons sur le monde. Selon ce que nous regardons, croyons ou espérons, la ville change — exactement comme une réalité qui n’existe que sous le regard.

C’est là que j’ai senti une résonance profonde avec la vision quantique. La ville semble solide, mais derrière cette apparence se cache un ensemble de formes qui oscillent entre le matériel et l’immatériel, entre ce qui est réellement là et ce qui pourrait l’être. Dans ce projet, la ville n’est pas un bloc fixe : c’est une structure de possibilités qui ne se matérialise qu’au moment où elle est observée.

En avançant dans cette réflexion, j’ai compris que « la conscience crée la réalité » n’est pas seulement une métaphore poétique, mais une manière de percevoir le monde. Ce que je choisis de croire, d’imaginer ou de regarder façonne profondément l’espace dans lequel je vis. Cette conviction s’est renforcée tout au long de la création.

Ainsi, cette ville est pour moi une forme de déclaration. Elle affirme que la réalité n’est pas simplement donnée, mais qu’elle prend forme au moment où la conscience s’y engage. Elle existe dans une vibration constante entre présence et absence, et se transforme selon la direction de notre regard.

Dans ce sens, la ville devient plus qu’un décor : elle devient un métaphore visuelle de ce que je veux construire, voir et créer dans ma propre réalité.


Liste des références associées au projet